Les Grands Brûlés

by Barbagallo

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1.
Regarde 03:46
2.
Debout 03:59
3.
Ouverture 03:30
4.
Amour 06:02
5.
La paix 03:57
6.
7.
8.
Michael 04:10
9.
Ma falaise 04:36

about

STRN-329 / MSTL0405

LES GRANDS BRÛLÉS

Écrit et composé par Barbagallo à l'exception de Ouverture (poème de Guillevic, mise en musique de Barbagallo) et Amour (paroles de Simon Johannin, musique de Barbagallo) - réalisé par Barbagallo, mixé par Kevin Parker

Ce nouvel EP « Les grands brûlés » est le deuxième volet d’une grande maison qui compte beaucoup de fenêtres. Avec son prédécesseur « Tarabust » j’ai inauguré une nouvelle manière de partager ma musique. J’ai tenu à me libérer du cycle classique d’un album tous les 2-3 ans pour entrer dans un rythme de sorties plus bondissant où l’esprit, l’inspiration sont en flot quasi continu, propice aux changements de direction, aux accidents, aux expériences.

Pour « Les grands brûlés » je me suis dit que je n’utiliserais pas ma fidèle guitare acoustique et cette contrainte a dirigé mes nouvelles
compositions vers un tout autre endroit. J’ai déjà mon idée pour le prochain EP mais j’attends que l’accordeur de piano vienne, il est
très pris et j’habite dans un coin paumé dans le Hinterland de la Sunshine Coast, dans le Queensland.

Regarde
C’est parti d’un run out groove de vinyle, ce drôle de rythme infini qui craque, niché à la fin d’une face. Et voilà Benjamin d’Almost Musique qui me souffle de construire une chanson à partir de ça et pourquoi pas utiliser d’autres run out grooves pour d’autres chansons? Les petits défis de ce genre, ça me parle, ça me débloque. Me voilà lancé dans mon nouvel EP.
« Regarde » est un miroir qui reflète un miroir. Deux inconnus sont face à face et décide d'oublier ce qu’ils ont entendu dire l’un sur l’autre. Ils s'élèvent au dessus des préjugés. Qui regarde qui au final? Ils s’en remettent à la pureté du premier regard, à la vérité de la rencontre, pour savoir ce que l’univers leur réserve.

Debout
Une chanson qui s’appelait d’abord « Tout le monde s’en fout ». Commencée juste après la victoire marketing de Macron, je désespérais dans le texte d’une réaction citoyenne face à ce hold-up politique. J'étais assez mal placé pour commenter cela dit, je venais de me réinstaller en Australie, à Melbourne. A mon tour je m’en suis foutu et la chanson a fini dans les tiroirs de mon ordinateur jusqu'à l’apparition fluo des Gilets Jaunes. Je remuais ma cuillère en bois dans mon sugo di pomodoro quand je me suis mis à fredonner « Tout le monde est debout » sur ce vieil air que j’avais presque oublié. J’ai remis la chanson sur l’établi et elle a grossi au fil des luttes sociales et écologiques qui se sont enchaînées depuis. C’est une ode douce au renversement, à l’insurrection. Un coup de chapeau à tous ceux et celles qui se tiennent debout face aux autoritarismes, face à toutes les formes de discriminations, face aux
politiques ultra libérales qui détruisent ce qu’il y a de plus beau en nous et autour de nous.

Ouverture
Pour la deuxième fois, après ma chanson « Oubliez-moi », je suis allé toquer à la porte de ce bon vieux Eugène Guillevic avec sa barbe collier, ses grosses lunettes et sa casquette de marin en laine. Ses mots m'inspirent toujours une musique plus lyrique que d’habitude, plus céleste. Je pourrais passer ma vie à adapter sa poésie en chansons. Il est pour moi le poète du sacré, le sacré comme mystère absolu et pourtant juste à portée de main, accessible et intime comme jamais. Quand j’écris mes chansons c’est justement ce mystère après lequel je cours, autour duquel je tourne, à l’ombre duquel je marche, aux bras duquel je danse. Parfois ça fatigue. Il est bon alors de s’en remettre au poète pour nous aider au repos.

Amour
J’ai découvert Simon Johannin grâce à ma librairie toulousaine préférée Terra Nova. Elle conseillait son roman « L'été des charognes ». Ça été un vrai choc, j’ai été englouti dans le texte, sa férocité, son rythme, son ambiance quasi documentaire. En lisant le livre je ne sais pas pourquoi je m’imaginais un écrivain qui avait la cinquantaine fumant peut-être la pipe dans son bureau sous les toits d’un bel immeuble parisien qui revenait sur sa jeunesse rurale et lointaine. Puis j’ai découvert que Simon avait 13 ans de moins que moi, qu’il avait le crâne rasé et habitait dans des tours de béton en banlieue parisienne. Mais aussi qu’on était tous les deux Tarnais. Lui de Mazamet, moi d’Albi. J’étais franchement intrigué. J’ai eu tout de suite l'idée de le contacter et de lui demander un texte. Je lui ai envoyé
l’instru de ce qui allait devenir « Amour » et il a accepté. J’attendais quelque chose de sauvage, de dur et voilà qu’il est revenu vers moi
avec un texte superbe d’amour onirique à la douceur renversante.
C'était une surprise totale, une nouvelle facette de son écriture que je découvrais. Ce Simon n’en finissait pas de m’étonner. Le texte s’est posé comme une fleur sur ma rythmique vaguement dub, la mélodie m’est venue tout de suite, elle était dans les mots, il n’y avait plus qu'à la mettre à jour.

Julien Barbagallo, janvier 2021


TARABUST

Écrit et composé par Barbagallo – à l'exception de Amara terra mia (Enrica Bonaccorti, Domenico Modugno) - réalisé par Barbagallo

Je croise le mot « tarabust » pour la première fois dans le livre de Pascal Quignard, « La haine de la musique ». Il « désigne ce groupe de sons asèmes qui toquent la pensée rationnelle à l’intérieur du crâne et éveillent ce faisant une mémoire non linguistique. »

Je suis sans cesse assiégé par des mélodies dont j’ignore la provenance. En silence, elles tournent dans ma tête, quelques minutes seulement ou bien des jours entiers. Elles s’échappent parfois brièvement le long d’un sifflotement. Si ce n’est pas un air, c’est un rythme que je joue en claquant mes dents et ma langue ou en serrant tour à tour mes doigts repliés dans la paume de ma main, en silence encore.

En marchant dans la forêt, en faisant mes courses au supermarché, en conduisant sur l’autoroute, en ramant sur le lac. Il n’y pas de règles, pas d’habitude. C’est comme une brise qui se lève.

Je ne connais pas leur provenance donc, et j’ignore la plupart du temps leur destination car elles disparaissent, elle s’évaporent au contact de ma conscience scrutatrice. Sur les centaines d’airs qui font irruption dans ma vie, une infime partie finira par être partagée avec d’autres humains. Ces airs qui échapperont à l’oubli ce sont mes chansons.

Ce que je considère comme mon « tarabust », notion que j’interprète librement ici, ne me laisse jamais tranquille. Essayer de transformer chaque son en chanson me rendrait probablement fou. Il faut savoir faire le deuil de milliers de notes et de rythmes dont on ne retiendra pas les combinaisons. Et surtout, ils sont faits pour l’oubli. Les rattraper in extremis est un petit tour qu’on joue aux cieux, pour s’occuper un peu.

La paix
Depuis toujours je désespère de ma mémoire, de la rareté de mes souvenirs. Où se cachent-ils? Où terminent ces grands élans du cœur, ces moments où tout semble être une question de vie ou de mort, jusqu’à l’odeur d’une rue familière et déserte en plein été quand l’air autour vibrait? Que sont devenus ces mensonges inouïs et ces éphémères joies? Je cherche un trou de ver dans lequel me précipiter et au bout duquel je trouverais enfin la réponse. En attendant, je discerne tout de même les grandes lignes. Je m’y suspends, je me balance. Je chante un air sans paroles: « Tout ce que je voulais, c’était trouver la paix. ».

Ne me reveillez pas
Une chose dont je me souviens en revanche, c’est mon lit d’enfant que je transformais la nuit venue, allongé sur le ventre, en char d’exploration. La tête de lit était mon tableau de bord et les stickers collés dessus étaient autant de boutons qui actionnaient un tas de trucs dont, comme on s’en doute, je ne me souviens pas. Laissez la nuit faire ce qu’elle veut de moi. Il faut croire que la nuit ou plutôt l’obscurité, est mon terrain de jeu favori. L’ombre qui vient enlacer un secret, un regret ou simplement un rêve, celui de rivages qu’un jour je gagnerai par hasard et d’où parfois s’échappe une de ces éternelles mélodies .

Amarra terra mia
Il y a une mélodie justement que je transporte comme certains transportent un bout de peau de serpent dans leur porte-feuille en guise de porte bonheur. Elle fait quatre petites notes de long. Elle vient de mon grand-père « Nunzio u cabbuneru », Nunzio le charbonnier, qui la faisait résonner dans les collines qui surplombaient son village en Sicile pour communiquer avec ses collègues éparpillés dans les forêts alentour sous les cieli infiniti. La vie était dure et pauvre, senza speranza. Les maisons étaient en pierres de lave et souvent d’une seule pièce avec un four à pain. Revoilà, quelques décennies plus tard, cette mélodie qu’il siffle cette fois en direction du fond de son jardin à Carmaux dans le sud de la France pour appeler ses enfants qui jouent dans les branches du figuier. Entre temps, il y a eu « la partenza », l’arrachement à sa terre bien aimée mais qui le lui rendait bien mal, cette terre amarra e bella. Le voyage de cette
mélodie n’est pas terminé. C’est moi maintenant qui la siffle en Australie quand je rentre à la maison pour dire: « Je suis là » à celle qui ne m’a pas encore vu. C’est la mélodie de ceux qui « se perdent des yeux ».

Michael
Comme Michael, cet énigmatique homme sans âge que je croisais quotidiennement au parc avec son chien et qui un beau jour disparut. Où est Michael? C’était comme s’il s’était évanoui devant moi là, sur la pelouse, en plein milieu d’une de nos conversations. Il parlait souvent de partir en pointant son doigt vers le ciel. J’essayai de trouver dans une de ses nombreuses histoires, une de ses mille vies qu’il me racontait, un indice, une piste qui m’indiqueraient le lieu où il se trouvait désormais. Y a-t-il une porte? Où est cette porte? Derrière cet eucalyptus où nichent trois podarges gris? J’imagine une histoire d’amour non résolue, pourquoi pas avec un peintre aux mains blanches qui avait fait son portrait. Une histoire qui serait aussi un abri. C’est peut-être là qu’on le trouvera, là où les amoureux transis, en fuite, se réfugient.

Ma falaise
« Chacun sa porte » me rétorquerait ce bouvier bernois s’il pouvait parler mais au lieu de ça il creuse un trou, tout en joie. Il faut souvent creuser, c’est vrai, et si l’on ne veut pas s’abîmer les mains, ou s’abîmer tout court, on peut laisser faire le temps et contempler les marées . Patience, patience, patience. On peut laisser doucement s’éroder l’autre et ses mystères pour apprendre à le ou la connaître. Une falaise blanche et dure peut bien finir en drap léger au gré des vents froids qui balaient . Tout comme une chanson d’inspiration sud-américaine peut finir en solo de guitare fuzz. Tout arrive."

Julien Barbagallo, janvier 2020

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released May 14, 2021

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